Dans ce roman, le personnage de « Laslo » est sans doute un double fictionnel de « Paul l’écrivain », qui aurait décidé de quitter son chez soi après le décès de sa maman, et laisse les lieux et le deuil de sa mère à Laslo, un beau gosse qu’il a repéré sur un réseau de rencontre.
Finalement qui a écrit ces impromptus de l’été?
Serait-ce vraiment Laslo lui-même, qui jardine, range les affaires de maman, et s’est mis à écrire sur le Macbook Air que lui a laissé son hôte l’écrivain?
Ou bien « celui qui écrit » imagine les deux personnages de Paul et Laslo durant ces mois estivaux de juillet et août?
« Paul » représente « l’écrivain âgé », qui contrairement à ses annonces ne s’est peut-être pas éloigné en voyage de croisière, et réside pour deux mois d’écriture à une quarantaine de kilomètres de sa propriété dans l’hôtel « Le Mercure » à La Grande-Motte au bord de la Méditerranée, et « le jeune Laslo de trentaine » représente a contrario la jeunesse, la beauté et le charme, il est le gardien du domaine, et à son tour écrit.
Ce sont les « impromptus de l’été 2020 », le roman estival se présente comme une double autofiction, le « propriétaire du domaine » a perdu sa maman, s’éloigne, se cache ou se masque, et Laslo assure le deuil, il est « l’invité, le résident, l’escort ou le squatter », la campagne languedocienne l’influence et le détermine dans son identité et ses réactions depuis que le propriétaire l’a engagé, il consulte aussi, et s’en trouve imprégné, les textes que cet écrivain en retraite dans son village d’enfance a laissés sur l’un de ses ordinateurs.
Ainsi « celui qui écrit » inévitablement colore tel ou tel de ses personnages, telle ou telle de ses rencontres, de sa propre identité …
C’est donc un jeu d’influence et de déterminisme entre hommes, Paul est le « vieil écrivain », Laslo est le « jeune beau gosse » qui s’est mis à écrire, et un troisième, sans doute « l’authentique écrivain », s’est coulé confusément dans l’identité de ses deux personnages.
En été la canicule survient, le domaine est splendidement ou étrangement isolé, dans le secret et la sobre beauté des bâtiments et des jardins couvent les sentiments de solitude et d’ennui malgré la recherche des plaisirs … Et puis les vols successifs d’argent liquide, puis d’une carte bancaire et d’un téléphone portable, amènent les soucis, les suspicions, personne n’est à l’abri de l’inquiétude et du tourment.
Autour de Laslo rôdaient les jeunes gens, escorts pour la plupart, qui cherchent le réconfort, l’argent ou l’hospitalité. Et Laslo s’est laissé parfois griser par ces jeunes beautés, parfois gruger, tout comme cela aurait pu arriver à Paul, ou à l’écrivain …
Maman Suzanne est bien seule, morte, la propriété garde les traces de ses passages et d’une vie bien remplie et respectable.