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Roman

LASLO, OU LES IMPROMPTUS DE L’ETE (2020)

Paul était parti le dimanche 28 juin vers dix-huit heures, après un repas de famille que son frère organisa pour célébrer la mort de leur mère Suzanne. L’épisode faramineux de l’épidémie de coronavirus dans le monde avait empêché au mois d’avril 2020 tout regroupement familial pour les obsèques, le frère avait imaginé ces retrouvailles parentales chez lui, dans sa propre maison qui est située au 12 de l’avenue de Saint-Guilhem, Paul n’avait pu faire autrement que de s’y rendre, puis il disparut.
Extrait du Chapitre 1
Virginia Woolf | © Getty Images/Hulton Archive

Aniane, Hérault

LUCAS GELIN (2018/2019)

Lucas Gelin est le personnage pivot de ce roman, il a dix-sept ans, lycéen il habite à Montpellier dans une villa de l’avenue d’Assas avec sa mère.
Autour de lui gravitent sa mère, Damien le policier dont il vient de faire la connaissance, Roger un ami du lycée, Jean Paul Rousseau son professeur de français, et d’autres.

Durant les mois de décembre 2018 et janvier 2019, alors que les Gilets jaunes sévissent en France dans leurs révoltes parisiennes ou provinciales, Lucas a plutôt délaissé ses études et vit au jour le jour les plaisirs et les tourments de ses passions. Il est amoureux de Damien le jeune policier de trentaine, abuse par la domination de son amant et copain de lycée Roger, a fini par lier une relation sexuelle et amicale avec son professeur de français. La mère de Lucas veille sur son fils, tente de le comprendre ou de l’accepter, sert également de secours ou de sujet de mécontentement selon les humeurs de celui-ci.

Lucas est inattendu, capricieux, du moins oscille entre une réalité qu’il tente de maîtriser et un penchant prononcé pour la rêverie ou le fantasme.

Le roman nous amène dans la conduite intérieure de Lucas ou dans celle de ses partenaires, parfois l’on doutera de la réalité de tel évènement ou de ses conséquences, comme si se mêlaient dans l’histoire certains faits réels et d’autres supposés, des anecdotes que les personnages de ce manège relationnel ont imaginés et d’autres qu’ils ont vécus.
Lucas à sa manière créait ses histoires, entendait être maître de son destin, finissait par échouer souvent dans la déception et le désenchantement, comme si les autres ne lui suffisaient pas, à moins que ceux-là aient préféré s’éloigner des exigences de Lucas, dans la crainte de ses excès.

Jacques Pioch – 21/09/2019

Virginia Woolf | © Getty Images/Hulton Archive

Gilets Jaunes, Paris (2019)

AU FUR ET A MESURE (Automne 2012)

Le solitaire balade au gré de l’humeur et au hasard des jours dans la ville balnéaire de La Grande-Motte, puis dans la métropole languedocienne de Montpellier, il recherche la distraction, la compagnie.
Il observait, songeait, adressait rarement la parole à quelqu’un dans le souci de ne rien déranger ou importuner, dans la crainte d’essuyer un refus ou une indifférence.

C’est une sensibilité secrète, intérieure, Roche s’interdit les éclats, les évidences. Il flottait entre le réel qui s’impose à lui et l’alchimie qui l’amène à interpréter le réel, à le travestir ou à l’éconduire.
Son désir des hommes est profond, tenace, mais il aime aussi ressentir les effets multiples d’un ciel qui se couvre, ou d’un son qui se perpétue en écho dans l’espace.
Entre la passion amoureuse, le plaisir sexuel et les variations multiples de la sensation Roche ne choisit pas, ne parvient pas à choisir, il est plus le sujet d’une influence ou d’un déterminisme que le héros conquérant et affirmatif.

Jacques Pioch – 09/02/2019

Virginia Woolf | © Getty Images/Hulton Archive

La Grande-Motte, Hérault

IMPRESSIONS NOYEES DANS D’AUTRES IMPRESSIONS (Printemps 2012)

Eric Kruger venait d’acheter une revue porno homosexuelle dans le sex shop proche de la gare à Montpellier. En regardant les photos il se raconte des histoires, nourrit ses fantasmes, revient sur la nature de sa personnalité encombrée par des souvenirs d’enfance et d’adolescence où il fut éduqué sévèrement, contraint, sous emprise. Il observe ainsi l’état actuel de sa vie où sa solitude est peuplée de désirs à la réalisation impossible.
Quand est survenue la surprise de retrouver après dix ans d’absence et d’éloignement Kasun Pieris le jeune Sri-lankais maintenant trentenaire, Eric Kruger revit le désir et la fougue amoureuse qu’il avait déjà éprouvés pour son ami. Kasun paraît certes « euphorique » d’avoir par hasard retrouvé Kruger, mais en même temps leur relation recompose aussi les incertitudes et les troubles qu’elle avait déjà connus. Eric Kruger vit ces retrouvailles dans l’attente d’un bonheur et d’une totale adhésion de Kasun Pieris, qui ne vient que très rarement le combler.

Kruger se révélait ainsi à la recherche de sa personne, il était souvent en retrait, inadapté, ou peu récompensé par ses efforts, sa sensibilité paraît travaillée par un caractère timoré, ou par des envies d’excès et de transgression qu’il ne sait convertir en vie vécue.

On apprend dans le cours de ce printemps 2012, que Kruger écrivait sans doute, et il venait de confier l’un de ses romans, « Signes de vie », à la lecture de son ami Kasun. Quant à ses rêveries fantasmatiques à partir des photos de la revue Cock et aux retrouvailles avec le Sri Lankais, quelle était la part de vécu et quelle était la part de fiction? Eric Kruger aura toujours mêlé une vie réelle à une vie rêvée.

Jacques Pioch – 02/01/2020

Virginia Woolf | © Getty Images/Hulton Archive

Christ en Croix, Bronzino (1503–1572)